Pas d’écologie sans solidarité !

Pour une Ile-de-France en commun, avec Audrey Pulvar

Nous sommes écologistes, engagés depuis longtemps pour une accélération des politiques publiques visant à inverser la tendance du dérèglement climatique. Nous avons été des leaders nationaux et locaux de partis écologistes, militants pour la planète et la sauvegarde des écosystèmes et de la biodiversité. Nous nous réjouissons que ces dernières années des mouvements sociaux, de jeunesse ont porté de nouvelles aspirations pour répondre aux défis du dérèglement climatique. La situation est grave mais les prises de conscience, les mobilisations sont de plus en plus fortes. La réussite de travaux inédits de la convention citoyenne pour le climat en atteste, même si les traductions politiques dans la loi Climat et résilience sont décevantes.

Il nous semble néanmoins délétère de croire qu’on pourra mettre en œuvre dans les 10 ans une justice climatique sans une réelle politique de justice sociale. Il ne suffit pas de dire que les enjeux environnementaux et sociaux sont liés pour y répondre structurellement. Il ne suffit pas de dire que la fin du monde et les fins de mois difficiles se rejoignent. Au-delà des slogans, comment faire face à la montée croissante des inégalités, à l’aggravation de la situation pour nombre de ménages quand d’autres s’enrichissent à une rapidité affolante ?

Écologistes convaincus, nous sommes aussi des militants de la solidarité. Être écologiste, c’est s’engager encore et toujours contre les inégalités. L’oublier, c’est faire le jeu des conservatismes et nourrir les situations de relégation.

En Ile-de-France, 12 millions d’habitants évoquent des conditions de vie qu’ils ne jugent plus acceptables. Vivre en Ile-de-France, c’est certes avoir plus d’opportunités professionnelles. Mais c’est aussi connaître au quotidien l’incertitude dans les transports publics, une cherté du coût de la vie, une alimentation sans goût, trop transformée. Et pour une partie des Franciliens s’y ajoute une assignation à résidence qui stigmatise, handicape, ralentit.

Alors que des milliers de Franciliens s’inquiètent pour leur avenir, se demandent s’ils arriveront à payer leur loyer, se battent chaque mois pour remplir leur frigo et répondre aux besoins essentiels de leurs enfants, il est primordial que les politiques environnementales soient aussi des politiques sociales. Les premières victimes du dérèglement climatique sont les personnes précaires. La pauvreté ne cesse de s’aggraver depuis 4 ans. La ségrégation territoriale se renforce. Le manque de formation professionnelle est criant. L’accès aux soins est de plus en plus difficile.

Dans cette situation, que penser de ces mouvements qui, au nom de « l’écologie » ou de la lutte contre la « densité », bloquent des programmes de logements sociaux, situés en cœur de ville, à côté de transports communs ?

Pour atteindre leurs objectifs, les efforts en matière de lutte contre le changement climatique doivent bénéficier en premier lieu aux classes populaires. Nous ne pouvons pas oublier que changer ses habitudes de transport, de consommation, ses modes de consommation énergétique, est toujours plus simple quand on en a les moyens, quand la précarité ne nous fait pas voir chaque opportunité comme un risque vital. Lutter contre les passoires thermiques, relocaliser les emplois au plus près des logements, profiter des dynamiques territoriales pour rééquilibrer et réparer le tissu social : notre écologie n’est pas une niche marketing, mais la condition d’un développement apaisé de notre région au bénéfice de toutes et tous.

Défendre un autre avenir, c’est aussi changer de méthode démocratique. Au-delà de simples consultations, la démocratie représentative doit prendre appui sur les expérimentations locales, sur le savoir-faire citoyen. Les Franciliens doivent avoir l’assurance que nous pouvons collectivement améliorer leur situation, avec volontarisme, obstination et réalisme. A ce titre, l’annonce par Ile-de-France en commun de la création d’une Assemblée citoyenne du long terme est un point majeur de renouveau de la pratique politique.

Écologistes et solidaires, nous voulons écrire une nouvelle page pour nos territoires, résolument pragmatique et ambitieuse. Pour cela, avec enthousiasme et responsabilité pour le scrutin des élections régionales, nous faisons le choix de renforcer la dynamique portée par Audrey Pulvar et Ile-de-France en Commun et appelons celles et ceux qui s’y retrouvent à nous rejoindre.

Ensemble, pour des territoires solidaires, créatifs et écologiques !

@ecolosolidR – lesecolossolidaires[at]gmail.com

Premiers signataires de l’appel des « Écologistes et solidaires pour l’Ile-de-France » :

  • Emmanuelle Cosse, ancienne ministre du Logement, ancienne secrétaire nationale d’EELV, conseillère régionale d’Ile-de-France
  • Eddie Aït, maire de Carrières-sous-Poissy (78), président du groupe des élus « Écologistes et Progressistes » au Conseil régional d’Ile-de-France
  • Bernard Jomier, Sénateur de Paris.
  • Sylvie Couchot, Maire de Vauréal (95), Conseillère départementale
  • Pierre Derouillac, Maire de Santeuil (95)
  • Eric Thébault, conseiller municipal du 19e arrondissement de Paris
  • Ibrahim Dufriche, ancien premier adjoint de Montreuil (93)
  • Édith Andouvlie, ancienne maire d’Us (95)